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En parallèle de la sortie de son album, nous avons discuté avec Swindle de l’influence de Miles Davis, de la collaboration avec Nubya Garcia, et de son admiration pour Quincy Jones.

Vous connaissez peut-être déjà Swindle du côté du grime anglais, mais le dernier projet du producteur, No More Normal explore le hip-hop, la soul et le jazz, aux côtés d’un groupe de musiciens et de chanteurs.

Etait-il prévu, dès le début de l’écriture de No More Normal, de travailler avec autant de musiciens et de chanteurs ?

L’idée a définitivement évolué au fur et à mesure que je progressais, mais la première concernait le son. Je ne voulais pas que l’on s’empêche de faire des choses ! Peu importe les moyens, il fallait que l’envie nous mène au but recherché ! La deuxième idée était basée sur la collaboration. Donc c’était assez tôt mais ça a vraiment évolué au fur et à mesure.

En tant que producteur, quelle direction donnez-vous aux musiciens ?

Toutes les directions possibles. En studio, j’attends de chacun qu’il apporte ses compétences. S’il le faut, je peux me mettre à jouer pour rendre plus claires les indications que je donne à un musicien. Avoir des musiciens avec soi demande plus de temps et de ressources, mais ça amène vraiment la qualité du son à un meilleur niveau. Il y aura toujours un fossé entre une ligne de basse MIDI et quelqu’un qui joue de la basse depuis 15 ans.

Comment êtes-vous en studio ?

Je ne sais pas (rires), j’espère que je suis ouvert, honnête et encourageant. Je dis aux gens qu’il n’y a pas de règles et que rien n’est une perte temps. Je laisse toujours l’artiste aller où il veut, mon rôle est simplement de l’encadrer du mieux que je peux. Mon objectif est toujours d’essayer de tirer le meilleur parti de la chanson, puis je produis vraiment autour de cela.

Nubya Garcia figure sur « Run Up », une piste avec Kiko Bun, Knucks et Eva Lazarus. Comment en êtes-vous venu à collaborer avec elle ?

Nubya a joué pour moi en 2014 sur l’album Long Live The Jazz. J’ai eu la chance de la voir exploser comme un feu d’artifice, ou quelque chose du genre ! Cela a été un voyage vraiment satisfaisant à voir, même de loin.

Sur la chanson « Get Paid », vous faites référence à Miles Davis. A-t-il eu une influence sur votre musique ?

Oui, absolument. Je veux dire, je m’intéresse simplement aux traditions de la musique et de la production. Je regarde tout et écoute beaucoup de musique. Et Miles Davis en est un chapitre entier. Si vous voulez vraiment connaître la musique moderne, vous devez écouter Miles Davis, tout comme Jimi Hendrix, tous les grands noms, de Michael Jackson à Mozart.

Quel producteur a eu le plus d’influence sur votre son ? 

Quincy Jones. Son son est juste frais. J’ai toujours senti que Quincy tirait le meilleur de chaque artiste et choisissait d’excellents instrumentistes. C’est satisfaisant pour tellement de raisons différentes ! Je pense vraiment que Quincy Jones est peut-être le dernier des grands producteurs des trois dernières générations. Je suis intéressé par ce même rôle – en tant que producteur, et pas beatmaker.

Dans quelle mesure le rôle du producteur consiste-t-il à gérer l’humain en même temps que les musiciens ?

Sur le papier, il y a beaucoup de cela. Mais en pratique, pas tellement, si vous travaillez avec les bonnes personnes. Car tout le monde a le même objectif : faire de la musique. Si vous choisissez les bonnes personnes, tout le monde joue de la musique et fait quelque chose qu’il aime. Je travaille avec beaucoup de gens et nos sessions sont souvent énormes ! Il ne m’est jamais difficile de rassembler les troupes !

Le Riot Jazz Brass Band joue sur le morceau « Coming Home ». Comment est-ce arrivé ?

Je les ai vus il y a des années à Manchester, alors que je jouais dans un club et qu’ils jouaient en bas. J’avais déjà rencontré MC Chunky [du groupe] avant. C’était en 2012 je crois, et j’avais trouvé ça génial – je n’avais jamais encore vu de groupe de New Orleans s’installer dans un club à Manchester, et ils s’appelaient Riot Jazz, donc j’étais carrément à fond.

Il semble également y avoir une forte influence funk dans No More Normal.

Ouais ! J’aime la musique funk, P-funk, G-funk. Les trois grands pour moi sont Quincy, Dr. Dre et George Clinton. Ce sont les influences les plus importantes sur ce disque en termes de production, donc je le ressens toujours. Depuis que j’ai entendu « Keep Their Head Ringin’ » [de Dr. Dre], ça m’a vraiment fait entrer dans le hip-hop de la côte ouest, et [Dre] a été l’un de ces temps forts : les qu’il a produit sonnaient si frais à l’époque ! Il a changé le son de toute une génération.


Swindle, No More Normal (Brownswood Recordings)

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