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Leader de Monophonics, le Californien sort son premier album solo, The Tales People Tell, avec lequel il boucle la boucle d'une belle histoire de famille.

L’affirmation de soi, pour un jeune garçon ou adolescent, suppose souvent de prendre un chemin différent de celui du père. Kelly Finnigan est passé par là, bien qu’il fut en admiration devant son paternel dont les collègues de travail avaient pour noms Taj Mahal, Etta James ou Jimi Hendrix (sur l’album Electric Ladyland). Mike Finnigan – un maître de l’orgue Hammond B-3 – et son épouse Candy ont élevé Kelly (né en 1981) dans leur maison de Los Angeles où tournaient les disques de Ray Charles, Mahalia Jackson et The Jazz Messengers. « J’étais très jeune quand j’ai vu mon père sur scène pour la première fois, rembobine-t-il. J’étais impressionné par le fait que ce qu’il jouait affectait les gens de manière positive. Je me disais : “C’est ça, son boulot ? Cool !” » Il avait une douzaine d’années quand il fut embarqué sur quelques tournées, découvrant la vie sur la route et le folk-rock de Crosby, Stills & Nash. Pourtant, le jeune mélomane – évidemment fan de Michael Jackson – n’avait aucune envie de jouer de la musique lui-même : « Le cas classique du gamin qui ne veut surtout pas copier son père », confirme Kelly qui s’est singularisé en plongeant dans le hip-hop de Wu-Tang Clan, A Tribe Called Quest, De La Soul, Outkast, The Pharcyde ou Souls of Mischief. Il s’est même essayé au beatmaking et au sampling. Mais la soul l’a rattrapé.

Kelly Finnigan vit aujourd’hui à Marin County, en face de San Francisco, de l’autre côté du Golden Gate Bridge. Quand il entre en studio, c’est pour produire une musique que ne renie certainement pas son père. « J’ai grandi avec le hip-hop mais j’ai refermé la boucle quand je me suis intéressé aux samples issus de la soul et du rhythm and blues. En écoutant un beat de Pete Rock, je voulais remonter à la source : The Delfonics, The Impressions…. C’est ainsi que les choses ont évolué. Alors que je voulais affirmer une personnalité indépendante, me voilà : je joue des claviers, je chante, je fais partie d’un groupe, j’ai fondé le mien, j’enregistre des disques… exactement comme mon père ! (rires) Il faut croire que je ne pouvais pas l’éviter. C’est ce que j’étais destiné à faire. » Alors qu’il a attendu ses 19 ans pour apprendre le piano, il a fondé en 2010 le groupe de soul psychédélique Monophonics, auteur de quatre albums – un cinquième est attendu pour la fin de l’année. Une trajectoire en partie déterminée par le revival soul tracté, au début des années 2000, par Sharon Jones and The Dap-Kings : « Quand je les ai vus pour la première fois à la télé, j’étais stupéfait. C’était authentique, c’était vrai. J’ai immédiatement acheté l’album, je me suis intéressé aux productions de Daptone. J’aimais tellement de musiques différentes que je cherchais encore mon chemin. Le revival soul m’a aidé à le trouver. »

Avec le premier album sous son nom, The Tales People Tell, Kelly Finnigan franchit une nouvelle étape, en exprimant sa fierté d’être le seul maître à bord : « Personne d’autre que moi, dans la soul actuelle, ne compose, écrit, interprète, produit et arrange en même temps. Personne ! Je n’ai pas de Gabriel Roth (fondateur de Daptone Records, ndlr), je ne n’ai pas de Leon Michels (Big Crown Records, ndlr) et je n’ai pas de Tommy Brenneck (Dunham Records, ndlr). Je suis Sharon (Jones, ndlr) et je suis Charles (Bradley, ndlr). Je suis ma propre équipe. » Véritablement investi dans le songwriting depuis 2012, il avait troussé cinq morceaux quand ils sont tombés dans l’oreille de son ami Terry Cole, fondateur de Colemine Records. L’idée d’un album est née comme ça, et cinq titres supplémentaires sont venus compléter un ensemble où se racontent principalement des histoires de cœurs brisés. « J’ai eu mon lot de chagrins d’amour, j’en ai causé aussi, dit Kelly Finnigan. Mais quand j’écris une chanson comme “I’ll Never Love Again”, je sais aussi que nous avons tous déjà éprouvé un tel sentiment après une rupture. Ce sont des expériences de vie auxquelles je veux que les auditeurs s’identifient. Partager des émotions, qu’il s’agisse de tristesse ou de bonheur, c’est ainsi que je conçois mon songwriting. »

Tout en plaçant quelques indices de son amour pour le hip-hop au détour de la production, Kelly Finnigan s’applique surtout à déployer toutes les couleurs de la soul originelle qu’il affectionne, celle façonnée dans les années 1960 et 1970 à Memphis, Detroit ou Philadelphie. Il s’est même astreint à diversifier son chant, jusqu’à élaborer un falsetto sur plusieurs titres pour sonner comme Curtis Mayfield. Bien qu’il joue d’une dizaine d’instruments, son album compte des collaborateurs de poids, dont le batteur James Gadson (Bill Withers, Herbie Hancock, Marvin Gaye) et bien sûr… son père, à l’orgue Hammond. Mike Finnigan peut, à son tour, être fier de son rejeton. It’s A Family Affair, diraient ces grands fans de Sly Stone.

 

 


Kelly Finnigan, The Tales People Tell (Colemine Records)

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