Qwest-Tv-James-Francies

Dès les premières mesures de Flight, le premier album Blue Note du pianiste James Francis, on a l’impression que quelque chose d’atypique est sur le point de se dérouler. On n'y trouve rien de prévisible - du lyrisme dans sa simplicité, des impulsions R & B et trois chansons - c’est ce à quoi le leader de 23 ans voulait que son premier album parvienne.

Francies a appelé l’album produit par Derrick Hodge Flight, pour une raison, nous dit-il «  Pense aux frères Wright et à la façon dont tout le monde les a jugés fous de croire que tu pouvais mettre un humain dans les airs », dit-il en riant. « C’est une question de défi. Ça, c’est moi. Certaines personnes peuvent penser que leur premier album doit être classique et qu’il faut y jouer « Giant Steps » et un tas de standards, vous devez cocher ce que vous devez faire, puis jouer un tas de notes. Mais pour moi l’idée a été de me montrer en tant qu’artiste et d’exprimer à quel point je peux varier l’acoustique et l’électrique. »

Il ajoute : «  Je n’entends pas les choses de façon classique quand il est question d’harmonie et de rythmes. Je trouve la beauté asymétrique, avec ces petites choses étranges, que j’essaie de faire sonner comme si elles ne l’étaient pas ! »

Sideman accompli et adoubé

Aussi jeune soit-il, Francies s’est déjà retrouvé au centre de la scène jazz abondante de New York, avec un impressionnant concert en sideman dans le projet Sonic Creed de Stefon Harris & Black Out ; une grosse tournée avec l’hommage à Bill Withers de José James (le chanteur le présente comme un génie lors de ses concerts), et un engagement de prestige avec Pat Metheny l’année dernière après avoir eu le courage de se présenter au guitariste sur un tarmac d’un aéroport. « M. Metheny, je suis James Francies et je tiens à vous faire savoir que je suis un grand fan et que votre musique m’a inspiré  », a déclaré le pianiste. « Et Pat a répondu, je sais qui tu es. Je regarde tes vidéos depuis que tu es au lycée. Passe chez moi et jouons ensemble !  »

Il y a aussi le lien avec Questlove, qui a pris James Francies sous son aile. Le pianiste a joué avec les Roots sur le Jimmy Fallon Tonight Show et a collaboré avec lui sur plusieurs musiques de film. « Quest est un vrai génie », a déclaré Francies. « Vous l’entendez jouer une note et vous savez que c’est lui. Il connaît tous les types de musique et la façon dont il dirige son groupe est spéciale. Je le connais depuis que j’ai 19 ans et je comprends pourquoi il est tant étudié, et les sons qu’il produit quand il enregistre m’inspirent. »

 

La relecture par James Francies, qui rafraîchit le son des eighties, du « Ain’t Nobody » de Chaka Khan, invite un public différent à rejoindre la fête. Partant de son amour pour sa musique (qui fut l’une des favorites de sa mère et lui) ainsi que celui pour Rufus et Earth, Wind & Fire, il saute dans son arrangement de clavier électrique jazz-funk, accompagné par la délicieuse voix de Kate Kelsey-Sugg, avec un flair qui défie le jazz daté. Questlove, qui s’est assuré que le morceau arrive jusqu’aux oreilles de Khan,  « voulait entendre le mix » nous dit Francies. « Bien sûr, il a connu tout le monde, de Prince à Stevie Wonder, mes héros. Il a donc envoyé la prise à son ami Chaka et, quelques jours plus tard, m’a envoyé un texto : « Chaka aime vraiment l’enregistrement. Elle voulait que je te le dise personnellement.  »

Parmi les autres caractéristiques vocales hors normes, citons celles de Yebba (alias Abigail Smith) avec qui il a co-écrit le puissant « My Day Will Come » et celles de Chris Turner dont les falsettos se mêlent aux embardées in et out de Francies au piano et au Fender Rhodes sur l’autrement très soul « Dreaming ».

L’écurie Houston

Francies célèbre également sa ville natale avec le très joueur « Crib », ouvert par une annonce de voix d’aéroport : « bienvenue à Houston », et sur lequel Chris Potter et le vibraphoniste Joel Ross conversent avec le mélange de piano acoustique et de claviers électriques de Francies. Francies sait fièrement qu’il représente la prochaine génération d’artistes importants diplômés de la High School of Performing Arts and Visual Arts, d’où sont déjà sortis les pianistes Robert Glasper, Jason Moran et Helen Sung, les batteurs Chris Dave, Eric Harland et Kendrick Scott et l’icône de la pop Beyoncé Knowles. « C’est un défi de taille qui m’attend ! », admet Francies. « Houston est la ville des musiciens hybrides difficiles à catégoriser. Ils font de leur musique le reflet de leurs personnalités. Le jazz a besoin de plus de personnes qui sont elles-mêmes et qui ne sont pas façonnées par ce qui a existé avant. Mettez quelqu’un de Houston dans un groupe et vous entendrez sa personnalité. Avec Eric Harland, par exemple, ce sera cet élan qui fait que tout le monde sonne bien. Ils sont de vrais artistes et visionnaires. »

Pour ses débuts dans le monde de l’enregistrement, Francies a recruté des amis de sa ville natale, tels que le guitariste Moreno, le bassiste Burniss Travis II et le batteur Jeremy Dutton, et se sont lancés dans la création d’un disque qui ne sonne pas comme une audition. « Je voulais juste réunir mes amis et jouer de la musique », a-t-il déclaré. « J’ai grandi avec eux alors je ressens et entends l’alchimie. Tout est si naturel ! »

Quant aux conseils d’anciens locaux, Glasper et Scott (aux baguettes du groupe lors du concert au Standard) l’ont mis en garde : « Ils m’ont tous deux dit que tout le monde sait que je peux jouer beaucoup de notes et que je devais donc m’assurer de faire les choses à mon rythme, qu’au lieu de ça, je devais mon disque raconter mon histoire  ».


James Francies, Flight (Blue Note)

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