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Angel Bat Dawid débarque de Chicago avec une musique habitée par les traditions de la Great Black Music.

Clarinettiste, chanteuse et compositrice, son nouvel album The Oracle sera publié sur le même label qui nous a offert Makaya McCraven : International Anthem. De retour chez elle après un voyage couronné de succès à New York, où elle jouait au Winter Jazzfest, l’artiste nous a livré plusieurs de ses influences : Grover Washington Jr., le spiritual jazz de sa collection de vinyles et des citations inspirantes de Stevie Wonder.

C’était comment, le Winter Jazzfest ?

Phénoménal ! J’y suis allée avec The Brothahood, six gars que je considère comme mes frères. Ce sont tous des musiciens exceptionnels et nous ne parlons que de musique tout au long de la journée. C’était donc amusant d’être à New York et d’y partager ce que nous sommes. Nous n’avons rien changé. Pendant le voyage, quand nous conduisions, nous chantions tout le temps et parlions de spiritualité avec une certaine profondeur. Nous avons fait les courses et dîné comme une vraie famille. Nous cuisinons ensemble, nous jouons ensemble, comme si chacun faisait de son mieux pour que l’autre se sente bien.

Comment est né The Brothahood ? Comment avez-vous choisi les membres du groupe ?

Honnêtement, j’ai appris à monter des groupes grâce à ma collection de disques. Comme dans Soul Box de Grover Washington Jr, j’adore le livret qu’il a écrit. Il y déclare que lorsqu’il formait des ensembles, il pensait à trois choses : premièrement, l’attitude des musiciens les uns envers les autres, puis l’attitude des musiciens envers la musique, et enfin leur capacité technique. Je suis cette méthode. Les Brothahood ont une bonne attitude les uns envers les autres, ils ont la musique et nous sommes tous dans l’expérimentation et avons tous participé à des jam sessions ensemble. Et quand il s’agit d’être technique ? Bon sang, ils font partie des musiciens les plus incroyables que je connaisse ! Ils jouent tous sept instruments, c’est comme l’Art Ensemble de Chicago avec des milliers d’instruments ! Ce sont nos héros.

Le spiritual jazz a une grande influence sur votre musique, non ?

Oui, j’ai une collection de disques sélectionnée avec attention. On y trouve des disques de jazz rares, ce sont des graals – ils sont comme une école ou une bibliothèque pour moi. Je peux bénéficier d’une master classe de John Coltrane sur commande : je peux mettre le disque et jouer avec lui et c’est comme si il était dans la salle. Ensuite, je peux me dire : « Ok, je vois ce que vous faites. Vous venez de faire ça et la composition se poursuit ainsi. »

Vous êtes vous servie de disques de jazz en particulier comme comme cadres de référence pour votre cet album, The Oracle ?

Beaucoup de Sun Ra, certains d’Henry Threadgill. Il faut écouter les aînés et aller au-delà de la surface. J’utilise un poème du Dr. Yusef Lateef sur l’album, par exemple – personne ne sait qu’il était écrivain, alors qu’il a écrit des livres de science-fiction fascinants ! J’en ai commandé quelques-uns il y a quelques années.

Où a été prise la photo sur la couverture de The Oracle ? C’est toi, non ?

Oui, c’est la photo de mon baptême, j’étais très sérieuse ! J’ai toujours été spirituelle, quand j’étais une petite fille, je m’adressais à Dieu toute seule. Quelques semaines avant mon baptême, mon père m’a montré une bande dessinée, avec des illustrations de l’enfer. Elles faisaient si peur ! Je lui ai demandé ce que c’était et il m’a répondu que c’était l’enfer et que l’on y est envoyé quand on n’est pas bon.  Comme je ne voulais pas y aller, je lui ai demandé comment faire et il m’a répondu : « Tu peux te faire baptiser ». « Super, où dois-je m’inscrire ? ! » Alors sur cette photo, que j’ai utilisée comme pochette d’album, je suis très sérieuse quant au fait de ne pas aller au diable. Elle a été prise dans l’église où j’ai grandie, où mon grand-père était pasteur. Je n’ai pas vraiment aimé aller à l’église parce que c’était ennuyeux, mais j’y ai toujours aimé la musique et le fait de pouvoir chanter ensemble.

J’ai remarqué sur votre compte Instagram que vous avez posté une citation de Stevie Wonder : « En tant qu’artiste, mon but est de communiquer le message qui peut améliorer la vie de chacun d’entre nous. »

Oui, j’ai vu cette citation sur une vidéo sur Facebook ou Instagram et je l’ai écrite. C’est sur mon mur maintenant. Devant mon bureau, j’ai accroché toutes mes aspirations. Je les regarde tous les jours. Stevie était l’un des plus grands compositeurs et musiciens de notre époque. S’il a dit cela, alors je veux moi-même l’incarner. Je suis une personne empathique, je suis très affectée par ce que je ressens dans le monde et il y a beaucoup de foutaises que je ne supporte pas – mais je sais que c’est par le moyen de la musique que je peux m’en débarrasser.

De quelles foutaises parlez-vous ?

Aujourd’hui, beaucoup de gens sont anxieux et déprimés, et de nombreuses personnes atteintes de maladie mentale se promènent sans le savoir. Nous vivons dans ce monde très technologique, ce qui est formidable, mais nous devons accorder plus d’attention à la réalité en tant qu’êtres humains lorsque nous utilisons des ordinateurs et des machines. Ils ne sont pas humains : ils ne savent pas que les humains ont besoin de se réunir de temps en temps, d’être dans la même pièce, de respirer le même air, de manger ensemble et de rire ensemble. Nous devrons davantage considérer ce sujet dans les années à venir si nous voulons continuer d’exister, et la musique est le meilleur moyen de le faire : jouer simplement ensemble, chanter ensemble, sans avoir besoin d’être un grand artiste ou plus qu’un être humain.


Angel Bat Dawid, The Oracle (International Anthem)

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