Le beatmaker et DJ Captain Planet dévoile Mystery Trip Vol. 2 chez Bastard Jazz Recordings : un disque trait d’union à la croisée des continents où fusionnent raretés et rythm’n beats sur-mesure.

Choc fondateur : le new-yorkais découvre, lors d’un road trip juvénile made in USA, une cassette retournée jusqu’à la transe de Thomas Mapfumo, surnommé “Le Lion du Zimbabwe” pour son chimurenga dansant et son opposition féroce au régime de l’ancien président Mugabe. Les routes des deux hommes finiront ensuite par se rencontrer à plusieurs reprises et en musique, chez l’un et chez l’autre. Un appel d’air initial qui conduira Charlie B. Wilder devenu Captain Planet à parcourir le monde, entre grandes traversées de l’ouest africain du Sénégal au Ghana et séjours en Jamaïque, y cultivant une solide culture soundsystem.

« On ne doit jamais perdre le plaisir de la quête »

Wilder se jette alors à corps perdu dans les sonorités latines, funk, soul et hip-hop lorsqu’il commence à triturer ses toutes premières platines d’apprenti DJ. Sa meilleure école sera cependant celle de la radio : pendant une dizaine d’années, Captain Planet diffuse ses trouvailles dans la bien-nommée Passport sur les ondes de WNYU, le poussant à dévaliser le fond de la Lincoln Public Library chaque semaine, dépensant par ailleurs tout l’argent qu’il n’a pas dans des vinyles traqués inlassablement dans le New York des 90’s. « J’ai commencé à digger avant Napster, avant Shazam. Il m’est arrivé tant de fois de tomber sur un titre au hasard d’une rue, de noter comme je pouvais ce que je pensais comprendre des paroles ou de la mélodie. Parfois, il m’a fallu des années avant de dénicher le morceau en question, c’est dur ! J’encourage les gens à chercher, à se perdre, à chercher encore. Je suis heureux qu’on ne puisse pas encore tout trouver sur le Net. On ne doit jamais perdre le plaisir de la quête  ».

 

En chasseur aguerri, Captain Planet a pisté des perles aussi diverses que variées pour Mystery Trip Vol.2. Il y sample le percussionniste et prêtre vaudou haïtien Pierre Chériza et le « Na Baixa do Sapateiro » de Wando qu’il transforme en bombes à dancefloor, remixe la cumbia psychée 70’s des légendes péruviennes Los Destellos sur « El Marcianito », rend grâce au king du disco-funk nigérian Shina Williams, revisite un classique fuji de Kollington en musclant son « Oluko » de basses sub puissantes et surfe reggae sur la pulse aérienne du rocksteady jamaïcain de Prince Francis sur « Israëlite ».

Le son magique des seventies

Planqué comme sur la pochette du disque derrière son masque guatémaltèque devenu rituel, Captain Planet explique : « Mystery Trip pour moi, c’est retourner à la source de ce que j’aime, à mes débuts de DJ. J’aime digger, travailler vite, sampler, déconstruire, laisser libre cours à mon instinct et que le résultat soit plutôt brut, pas trop sophistiqué”. La majorité des titres proviennent des années 70, époque dont il apprécie la patine et le fait que “personne n’utilisait de boîte à rythmes. Le son était magique, naturel, il respirait. J’aime ce contraste avec la majorité des sons produits aujourd’hui et en remixant ces morceaux, je m’amuse à produire des rencontres, provoquer un dialogue. »

L’authenticité du field recording

Curieux aux grandes oreilles, l’intrépide beatmaker s’est aussi intéressé au field recording au fil de ses sorties de route. « J’ai toujours aimé me perdre dans les méandres du Smithonian et suivi de près les trésors mis à jour par le label Folkways. Dans Mystery Trip, j’ai incorporé des sons de mes voyages : les toutes premières notes de « Bubuj » sont des carillons que j’ai enregistré sur les rives du Gange en Inde.  » Plus tard, sa version hip-hop de « Lola El Malama » de Warda révèle aussi un appel à la prière capturé in situ lors d’une virée au Maghreb. « Il n’est pas exclu que je me lance dans un album 100 % field recording, je trouve ça passionnant  ».

Désormais installé à Los Angeles, l’universaliste Captain Planet déborde d’idées et de mystères bien gardés. A l’ombre des palmiers, il glisse qu’il travaille sur un nouvel album, rappelant que pour lui « la clé se trouve toujours dans le voyage, un déracinement essentiel à l’inspiration ».


Captain Planet, Mystery Trip Vol.2 (Bastard Jazz Recordings)

Concerts :

Vendredi 12 octobre 2018, Gebäude 9, Cologne, Allemagne

Samedi 13 octobre 2018, Uebel & Gefährlich, Hambourg, Allemagne

 

 

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