La sortie de Long Ago and Far Away, un album en duo de Charlie Haden & Brad Mehldau apporte un nouveau chapitre à l'histoire connue de l'engagement de Charlie dans la création d'un discours musical libre. Ci-dessous, quelques portes d'entrées dans le monde des duos de Charlie Haden à travers une liste très sélective de ses enregistrements.

En nous quittant, le 11 juillet 2014, Charlie Haden, qui avait un air de jeune premier, a laissé derrière lui son engagement pour la paix et son militantisme politique, ainsi qu’une variété de musiques avant-gardistes démontrant l’héritage de pionnier qu’il a laissé au-delà même de sa collaboration novatrice avec l’icône de l’anticonformisme, Ornette Coleman, ou avec la très engagée Carla Bley avec qui il forma, 1969, le Liberation Music Orchestra.

Mais c’est dans ses aventures en duo que Charlie Haden est le plus incisif et expressif, accompagné par des musiciens aussi différents les uns des autres que Pat Metheny, Keith Jarrett, Hank Jones, Jim Hall ou même son ancien partenaire de l’avant-garde du jazz, Ornette Coleman. Sur son blog, Haden expliquait : « Avant la musique, il y avait le silence ; et le format duo vous autorise à construire à partir du silence, et ce de manière très spéciale. »

Closeness (with various artists, A&M/Horizon, 1976)

Haden adore les duos, alors pourquoi ne pas inviter quatre amis à s’amuser à créer huit morceaux ? C’est un Charlie plein de charme que l’on entend avec Ornette Coleman, Keith Jarrett, Alice Coltrane et Paul Motian. Un vrai festin.

 

Soapsuds, Soapsuds (with Ornette Coleman, Artist House, 1979)

Certains le qualifient comme l’un des plus grands duos de Haden. Il y a une bonne raison pour que lui et son ancien leader, Ornette Coleman, repoussent les limites de ce décor brut et nerveux dans une inspiration mutuelle et pro-active. Ici, tout est question de télépathie entre le lyrisme sonique et les pizzicati dissonants de Charlie Haden et Ornette qui lui fait coucou en contrepoints, avec son saxophone ténor ou sa trompette. Excellent morceau : « Mary Hartman, Mary Hartman », thème de l’étonnant feuilleton télévisé de fin de soirée, quand Ornette souffle avec le soutien de Haden qui virevolte sur sa ligne de basse. C’est l’un des albums de Haden les plus difficiles à trouver. Rare.

 

Steal Away : Spirituals, Hymns and Folk Songs (with Hank Jones, Verve, 1995)

Véritable joyau, cette rencontre de deux icônes communiant par des chants d’églises, des hymnes et des chansons folkloriques, est une interprétation enrichissante d’une musique en grande partie oubliée par notre culture qui évolue à toute vitesse. Au piano et à la basse, Haden et Jones jouent avec beaucoup d’amour des mélodies tirées de leurs cœurs. Dans la notice du disque, Abbey Lincoln a écrit : « Hank et Charlie forment une entité musicale magique […] ils utilisent une approche brillante, simple et magistrale de ces chansons éternelles. »

 

Beyond the Missouri Sky (Short Stories) (with Pat Metheny, Verve, 1997)

Le guitariste et le bassiste ont en commun d’avoir des origines dans le Missouri, ce qui les a incité à partager leurs compositions ainsi que des chansons populaires et de la musique ancienne du Midwest. Alors que les guitares de Metheny dominent les débats, Haden joue la carte de l’intime avec de magnifiques lignes de basse lyriques qui donnent aux chansons leur base et leur direction. Grand succès dans le monde du jazz, cet album a obtenu un Grammy Award de la meilleure performance instrumentale de jazz. Lors du mémorial donné en l’honneur du récent disparu Charlie Haden, en 2015, Metheny interpréta en acoustique trois compositions de Charlie Haden et déclara : « Même s’il avait 17 ans de plus que moi, Charlie était comme un frère avec lequel nous nous sommes compris sans même nous parler. »

 

Jasmine (with Keith Jarrett, ECM, 2010)

Dans la notice du disque, Jarrett dit : « L’art se meurt dans ce monde, et l’écoute aussi… Charlie et moi sommes obsédés par la beauté. Un moment d’extase en musique va avec une vie de savoir-faire… ». Avec des poches d’énergie intense mêlées à des moments de contemplation, c’est un duo de spontanéité pure et forte, l’un des meilleurs créés par Charlie Haden.

 

Charlie Haden Jim Hall (Verve, 2014)

En 2014, Impulse a sorti ce magnifique concert de Charlie Haden enregistré en duo avec le guitariste Jim Hall, lors du Festival International de jazz de Montréal en 1990. Et il était temps, alors que Jim Hall avait disparu l’année précédente, faisant de l’enregistrement un album posthume. Dès le début de l’album, Haden se synchronise avec le guitariste dans une interprétation presque chahutée du « Bemsha Swing » de Monk. Quel dommage que ce live si savoureux – principalement composé de standards, mais accompagné de quelques compositions – n’ait été partagé au monde que 25 ans après son enregistrement à Montréal ! Les deux se tournent autour, s’écoutent et ouvrent de grands espaces pour de longues improvisations sur des balades et des swings. Dans la notice du disque, Pat Metheny présente ce disque comme « un enregistrement pour la postérité ! ».

 

Tokyo Adagio (with Gonzalo Rubalcaba, Impulse !, 2015)

Après avoir rencontré et entendu le jeune pianiste cubain à La Havane, Haden va lui chercher un contrat d’enregistrement aux États-Unis en pleine période d’embargo, démontrant l’étendue de son talent à Bruce Lundvall qui tira quelques ficelles pour convaincre le gouvernement cubain de le laisser signer avec Blue Note Canada. Après cela, Rubalcaba fut toujours en contact avec Haden, mais ce concert de 2005 au Blue Note de Tokyo porte haut la marque de musique grands voyages. Certaines de ces mélodies sont rapides, d’autres douces, mais toutes sont empreintes de la générosité et du romantisme de l’improvisation.

 

Quelques autres duo marquants de Charlie Haden :

As Long As There’s Music (with pianist Hampton Hawes, Polygram, 1976)
Time Remembers One Time Once (with pianist Denny Zeitlin, ECM, 1981)
Dialogues (with guitarist Carlos Paredes, Antilles, 1990)
Night and the City (with pianist Kenny Barron, Verve, 1997)
None But the Lonely Heart (with pianist Chris Anderson, Naim, 1998)
In Montreal (with pianist/guitarist Egberto Gismonti, ECM, 2001)
Nightfall (with pianist John Taylor, Naim, 2004)
Heartplay (with guitarist Antonio Forcione, Naim, 2006)

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