Le chanteur de jazz spirituel nous parle de sa collaboration avec Kamasi Washington et J. Dilla, et nous explique comment Horace Tapscott a façonné sa carrière.

Dwight Trible, originaire de Los Angeles, décrit l’ambiance de son nouvel album, Mothership, comme une collection de « chansons que j’ai chantées au fil des ans, en particulier la chanson éponyme d’Horace Tapscott, que j’ai chantée depuis la fin des années 80 avec le groupe Pan Afrikan Peoples Arkestra. » Les morceaux du projet sont un résumé émouvant du style de Trible, car sur des grooves profondément soul, il transmet des messages lyriques d’amour, d’harmonie et d’unité, tout en s’appuyant sur un ensemble comprenant Miguel Atwood-Ferguson à l’alto, Mark de Clive-Lowe au piano et Kamasi Washington, invité au saxo.

Pourquoi avoir choisi de baser le nouvel album sur la chanson « Mothership » ?

J’ai toujours aimé cette chanson et j’espérais avoir l’occasion de la mettre dans la forme dans laquelle je voulais qu’elle soit. Je l’avais joué en concert, mais je n’avais jamais eu l’occasion de la mettre sur un disque. J’avais l’impression que quelque chose était inachevé dans mon histoire d’enregistrement. C’est la même chose que « Brother Where Are You ? » [aussi présent sur l’album] d’Oscar Brown Jr. qui était un de mes grands amis et que je considérais comme un mentor. J’ai donc voulu placer « Brother Where Are You ? » sur cet album. Et j’espère pouvoir continuer à mettre de sa musique sur d’autres disques, car c’est l’un des grands génies de notre époque que les gens ont oublié, selon moi.

A quel point Horace Tapscott fut-il important dans votre carrière ?

Je dirais qu’Horace était plus important que quiconque. Quand j’ai déménagé de Cincinnati à Los Angeles en 1967, je pensais savoir ce qu’était la musique et j’avais une idée de ce que je faisais – puis je me suis tourné vers Horace Tapscott et quand j’ai entendu autant de gens s’asseoir derrière le piano et jouer, c’était juste quelque chose de génial. Cela me mettait mal à l’aise, mais cela me donnait aussi l’impression d’entendre quelque chose de nouveau et de différent – ça me donnait l’impression que tout ce que je faisais déjà se trouvait dans un endroit soigné musicalement, maintenant, c’était une menace. Quand il a fini de jouer et que je suis sorti de la salle de concert, je ne pouvais plus parler. Mes pensées étaient retournées. Une fois que vous avez vu la lumière, si vous êtes dans l’honnêteté et la vérité, vous ne pouvez pas faire marche arrière. C’était le début de ce que j’étais devenu.

J’ai lu dans l’anthologie de Leon Thomas que lorsqu’il était à Los Angeles, avant de rejoindre Pharoah Sanders, il travaillait avec Horace et, selon lui, c’était aussi le point tournant de son parcours musical. C’est intéressant que la même chose se soit passée pour Leon et moi. Bien sûr, Leon a commencé à travailler avec Pharaoh Sanders, et moi aussi.

Qu’avez-vous appris en travaillant avec Pharoah Sanders ?

J’ai appris en travaillant avec lui – plutôt qu’en écoutant ses disques – à quel point il était plein d’âme. Pharoah n’est pas seulement l’un des grands saxophonistes avant-gardistes, c’est aussi un homme plein d’âme. J’aimais beaucoup jouer avec lui quand on n’avait pas de plan. On n’a jamais eu de répétition, de balances ou de choses comme ça, on montait juste sur scène sans que je sache quelles seraient la moitié des chansons que nous faisions ! Je lui ai dit que s’il n’aimait pas ce que je jouais, il pouvait me virer le soir-même – alors je suis monté sur scène, j’ai fermé les yeux et j’ai commencé ! C’est comme ça que ça s’est passé.

En dehors du monde du jazz, vous avez aussi travaillé avec le producteur de hip-hop J Dilla, non ?

Oui, [le batteur] Billy Higgins avait l’habitude de dire : « Si je suis musicien et que la personne suivante est musicienne, je devrais être capable de mettre ma musique avec celle de n’importe qui et nous devrions pouvoir trouver un terrain d’entente où nous pourrions faire de la musique ensemble ». Travailler avec les jeunes artistes hip-hop m’a permis de grandir ; si je peux garder ma conscience ouverte et travailler avec divers types de musiciens, j’espère que lorsque la prochaine génération de musique se présentera, je pourrai la reconnaître.

En parlant de jeunes générations de musiciens, comment en êtes-vous arrivé à travailler avec Kamasi Washington ?

Vous savez, je connais Kamasi depuis son adolescence ; nous sommes tous passés par cette scène de Leimert Park [à Los Angeles]. Quand Kamasi et ses gars apprenaient à jouer de la musique, ils venaient nous voir, moi et d’autres gars, faire ce que nous faisons, et ils avaient beaucoup de respect pour nous. Il m’a demandé de chanter sur ses disques, ce qui était magnifique, alors quand je faisais « Mothership », je me suis dit que ce serait génial si Kamasi pouvait jouer sur ce disque, car dans un sens, il a besoin de son énergie.


Regardez un concert de Build An Ark, le groupe de Dwight Trible, sur Qwest TV !


 


© Michelle Shiers

Dwight Trible, Mothership (Gearbox Records)

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