Avant Overload, son dernier album, jamais Georgia Anne Muldrow n'avait autant flirté avec la pop.

Georgia Anne Muldrow s’est forgée une carrière des plus singulières avec une discographie à la fois audacieuse et bizarre, allant du jazz d’avant-garde aux échantillons de disques éraillés, des inspirations de musiques africaines traditionnelles à des collaborations éclectiques.

Celle avec Brainfeeder a toujours eu de la gueule sur le papier (elle vient de Cali, après tout) et, sortant de sa plus longue période sans sortie d’album de sa carrière prolifique, Overload est un superbe mélange de funk cosmique, de R&B des années 90 et de jams lentes et captivantes. S’il y a une justice en ce bas monde, Overload devrait élargir une notoriété que Muldrow n’a historiquement jamais vraiment eu. Depuis Las Vegas, la chanteuse nous a expliqué au téléphone le processus qui anime son éblouissant nouvel album !

Vous avez eu une carrière assez prolifique. La pause a été relativement longue depuis votre dernier album. Y avait-il une raison à cela ?

Ça me fait halluciner ! Deux ans, je ne savais pas que c’était si long, franchement ! J’ai été tellement occupée par des collaborations. J’ai même produit pour d’autres artistes. C’est ce que je fais depuis deux ans : créer de la musique pour d’autres et y tirer beaucoup de plaisir. Donc je n’ai pas arrêté de faire des disques. Je n’étais pas en train de mettre la musique de côté, mais plutôt de m’impliquer dans différents albums. L’un de ceux que j’ai vraiment aimé s’appelle Young Spirit ; je l’ai réalisé pour Declaime, également connu sous le nom de Dudley Perkins. C’est un disque assez cinématographique. Voilà ce que j’ai fait : jammer, vendre des prods et des choses dans le genre.

Pensez-vous que les autres projets sur lesquels vous avez travaillé ont affecté votre approche de cet album ?

Non je ne pense pas. Je pense que cela faisait partie de l’esprit général, de s’engager avec d’autres artistes et de travailler avec eux. Je collabore régulièrement avec beaucoup d’artistes. Parfois, ils produisent pour moi, parfois, je produis pour eux. J’accepte de faire des featurings pour des gens que je rencontre sur Internet et qui viennent de partout dans le monde ! Je suppose que ça me plaisait tellement que je n’ai pas vu la nécessité de sortir un disque à cette époque. J’ai juste jammé, mec, juste jammé avec des gens [rires]. Honnêtement, c’est ce que je préfère, car il s’agit de vous écarter de vous même pour vous concentrer sur l’autre et voir ce qu’il peut faire. J’aime produire. C’est mon premier amour. Je suis devenu un artiste solo après que mes amis et ma famille m’ont poussé à croire en moi.

Cette ouverture d’esprit et cette volonté de travailler avec de nombreux artistes a dû influencer votre musique !

Oh oui, absolument. Si ce n’est pas une vraie expérience, je ne vais pas faire une chanson. Donc, évidemment, je dois toujours rester authentique. C’est très important pour moi. Je ne saurais pas comment être quelqu’un d’autre. Alors oui, bien sûr. Nous sommes tous une collection de nos expériences et de nos préférences, vous savez ? Je ne fais pas exception à cela.

Comment c’est de travailler avec Brainfeeder ?

Je pense que ce que je préfère dans le fait de travailler avec Brainfeeder, c’est le live !  C’est tellement amusant de pouvoir travailler avec eux sur des concerts. Je pense que nous sommes une vraie force et j’aime être une partie de cette énergie collective : apporter tout ce que je peux avec mon groupe et faire partie de quelque chose de radical.

Ce lien que vous avez avec ces gars-là et cet esprit, avez-vous essayé de le transcrire sur Overload ?

Bien sûr ! C’est l’interprétation de mes morceaux par le groupe qui me motive ! J’aime le son de l’album. J’ai fait un réel effort pour créer des chansons qui soient accessibles aux gens tout en restant fidèles à moi même, et c’est ce qu’il y a de plus difficile. Habituellement, mon son n’est pas forcément accessible, donc je ne reproche pas aux gens de ne pas le comprendre. Et puis je sais qu’il est quand même là [rires]. Ca a été mon cadeau à des gens comme ma fille, ceux qui aiment le r&b. C’est une partie de ma vie aussi, et c’est amusant de pouvoir partager cette partie de moi ! Je ne l’avais pas fait depuis longtemps !

« Overload » et « Aerosol » ont vraiment touché les gens. Comment c’était de travailler sur ces chansons, était-ce excitant d’en faire des singles ?

Oui, c’est autre chose, me lancer un défi et essayer de trouver le moyen d’exprimer réellement ce que je pense, de manière à ce que les autres puissent comprendre. J’ai constaté une amélioration en ce sens : la musique est mieux reçue. Je suis donc reconnaissante ! Et notamment d’avoir la chance de pouvoir continuer à enregistrer. C’est juste une autre facette de la musique afro-électrique. J’adore tout ça, j’aime tous les sons que nous faisons.

La « transformation vitale » couvre des choses comme la croissance et l’apprentissage. Vous souvenez-vous de ce qui vous a inspiré pour écrire cela ?

On nous a proposé des collaborations. Des mecs des Philippines, le producteur Lustbass, précisément. Quand j’ai entendu la chanson, j’ai pensé qu’elle était très belle. Mais je devais simplement écouter la musique pour comprendre si je m’y sentais attachée. C’est devenu beaucoup plus clair une fois que j’avais donné à la musique une chance de vivre dans ma tête et c’est ce qui est arrivé. La seule façon qu’avait la musique de se dérouler m’a conquis – j’ai entendu les spirales. Le beat s’appelait la « Transformation vitale » ! C’est un bon point de départ pour écrire, non ? Une transformation vitale : c’est sérieux ! J’ai ensuite écrit avec ça comme matériel. J’imaginais à quoi cela ressemblerait de faire un chant gospel bouddhiste.

Il y avait si longtemps que je n’avais pas fait du R & B classique. C’est juste amusant d’essayer. Généralement, lorsque je fais du R & B, c’est du côté plus rustique, rythmé et blues. Il est donc amusant de savoir que tout est possible. C’est une bénédiction de faire de la musique pour gagner sa vie et d’essayer différentes choses.


Georgia Anne Muldrow, Overload (Brainfeeder)

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