Qwest-TV-Insolito-Universo

Les quatre musiciens désormais installés à Paris proposent une nouvelle approche des musiques du Venezuela. C’est le fleuve incandescent musical de leur premier album « La Candela del Rio ».

Les musiques traditionnelles et populaires de la Terre de Grâce telles que le « Joropo » se retrouvent transposées dans une musique chariant chants incantatoires, poésie, jazz, rythmes afro-latins, kraut rock et trip-hop. Pour comprendre l’univers du groupe, c’est simple, oubliez l’actualité, la crise, les tensions. Non ce n’est pas ce Venezuela là que nous montre Insólito UniVerso. Imaginez-vous plutôt devant un film de Wes Anderson se déroulant dans ce pays où les fleuves sont éclairés par des lueurs scintillantes avec une bande son folk expérimentale cosmique.

Le nom du groupe tire son inspiration d’une émission de radio populaire au Venezuela des années 60 « Nuestro Insolito Universo » : qui racontait des légendes urbaines et faits paranormaux sur des ambiances sonores intrigantes et insolites. Ces histoires prennent maintenant une nouvelle vie à travers cette formation qui présente le Venezuela sous un aspect onirique dansant et inhabituel. « Tout est insolite depuis le début du groupe : la rencontre avec les musiciens, le parcours de chacun, les mélanges entre différents styles musicaux, on ne rentre dans aucune cases » nous explique Raúl Monsalve, bassiste, percussionniste et initiateur du projet. Le jeune musicien s’est déjà adonné aux expérimentations sonores au sein du célèbre groupe londonien The Heliocentrics et de Family Atlantica ou avec son groupe « Y Los Forajidos ». ll manquait encore un soupçon de hasard et de rencontres insolites pour pousser la recherche musicale à son paroxysme.

Remontons, ensemble, quelques années en arrière, à Paris, dans le quartier bouillonnant de Montreuil. Chaque semaine il s’y déroulait des jam au café-concert Le Bidule, lieu privilégié par les musiciens de la sono mondiale. Raúl rencontre, entre deux sessions d’impro, la chanteuse vénézuélienne et joueuse de cuatro, Maria Fernanda Ruette. Elle l’invite sur une de ses résidences au centre Barbara de Barbes afin de poursuivre cet échange musical. Quelques semaines plus tard, cette rencontre insolite débouche sur Insólito UniVerso : un quatuor à l’univers atypique naviguant entre les époques et les musiques de l’atlantique noir et le rock psychédélique.

 

« Cela s’est fait naturellement, en plus de venir du même pays, on a les mêmes références : le trip-hop Portishead, l’univers de la chanteuse Joséphine Foster, la pop de Stereolab, le son minimaliste de Meredith Monk et bien-sûr beaucoup de musiques psychédéliques des seventies, de kraut-rock ou des groupes géniaux comme Meridian Brothers »

Toutes ces influences sont La Candela del Río. C’est à dire acheminées par un fleuve, toujours en mouvement pour créer une musique nouvelle. «  Il y a beaucoup de courants d’eau au Venezuela qui se rejoignent et repartent ailleurs etc… Notre musique c’est un peu ça. On ne veut pas s’enfermer dans un genre musical, la musique vénézuélienne mélange beaucoup de cultures différentes, qui viennent d’Afrique, des indiens, et des européens, on a pris ce background pour le mixer avec nos influences plus modernes »

La chanteuse Maria Fernanda Ruette munie de son cuatro (petite guitare à quatre cordes typique du Venezuela) chante, mêlant langueur et intensité. L’aura de la poète Conny Méndez se reflète dans « Transmutada », un morceau progressif s’aventurant dans l’âge d’or du krautrock et de la pop avec des arrangements jazzy complexes et minutieux. Un autre poème est également présent, le célèbre « yo soy mi río » de Eugenio Montejo est porté par des clavier lancinants et par les rythmes afro-vénézuéliens du San Millan : ces cadences hérités du Congo et du Nigeria depuis le XVIIème siècle.

Toutes ces traditions sont absorbées dans cet univers déroutant. Le Joropo, musique typique des côtes est mise en lumière dans la plupart des morceaux d’une manière inédite : la harpe cède la place à une orchestration cosmique envoûtante dès la première note. Le clavier hallucinatoire de Edgar Bonilla Jiménez, la basse soutenue de Raúl Monsalve, la batterie complexe de Andres Sequera et l’aisance vocal de Maria font chalouper le merengue, le rock psychédélique jusqu’à les embraser dans une dimension encore peu explorée. Cerise sur le gâteau : l’expert de ces bidouillages sonores, le batteur de the Heliocentrics, Malcom Catto officie au mixage et à la co-production de l’album.

On prend notre place dans cette épopée fantastique en dansant lors des parades de San Pedro de Guatire « Lloviendo en Guatire » ou en chillant sur la plage énigmatique de « Machurucuto ».
Faire rencontrer le folklore vénézuélien au monde de Mike Patten, de Pink Floyd et de Meridian Brothers paraissait impossible. Il fallait un groupe avec assez d’audace pour réunir ces univers. Insólito UniVerso nous le prouve avec brio dans ce premier album La Candela del Río.

 


Insolito Universo, La Candela Del Rio (Olindo Records)

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