Hit de 2018 passé inaperçu, truffé de mélodies accessibles et entêtantes, Mara révèle Fazer, le quintet munichois dont c'est le premier album.

Avec Fazer, on frôlerait l’easy listening si une rythmique riche et des solos inspirés ne rendaient pas ce premier album imparable. Le groupe munichois a mis le doigt sur la bonne formule : «  Nous voulions des morceaux avec de bonnes mélodies. Si tu peux siffler ou chanter avec, si la mélodie te reste en tête toute la journée, c’est une bonne chose ! Et c’est ce que nous visions ! Je ne crois pas que ça peut être trop simple ou trop enfantin dans ce cas. « Woody » par exemple est entraînant, mais le morceau est très loin de la pop. Il dure 8 minutes et contient beaucoup d’improvisation. J’aime réunir ces deux mondes », nous confie Martin Brugger, le bassiste à l’origine du groupe.

Fazer a de pop le son et le nom de groupe, duquel ne ressort pas nécessairement d’individualité. Dans le déroulement, le leader parle d’une improvisation menée en commun par le quintet ; dans l’organisation, de grooves posés par les deux batteurs et sur lesquels le groupe déroule sous forme de jams sessions soudées, où les solistes ne sont pas là pour briller mais faire sonner l’ensemble : «  Il n’y a pas d’arrangements des rythmes entre le début et la fin des morceaux. Nous posons l’ambiance avec la mélodie du morceau et voyons où ça nous emmène et où nous pouvons aller en tant que groupe. Nous essayons toujours d’être tous les cinq devant ». Quand les cinq musiciens de Fazer font monter la sauce à l’unisson et en cadence rapide, c’est une impression de rouleau compresseur auquel rien ne résiste qu’ils laissent. Les brillants solos du guitariste Paul Brändle et du trompettiste Matthias Lindermay, sur les très addictifs « Akom » et « White Sedan », ne font que parachever cela.

 

 

Entre des rengaines hypnotiques et des grooves polyrythmiques, le quintet construit une narration limpide et touchante, qui atteint l’un des buts recherchés par la plupart des musiciens : tenir l’auditeur en haleine. Sur une base modale, c’est-à-dire faite de peu d’accords, adoptée par le quintet, les deux batteurs se complètent l’un l’autre pour installer des rythmes qui évoquent l’Afrique de l’Ouest : « Les influences polyrythmiques viennent de nos batteurs. Ils se sont pris de passion pour les musiques d’Afrique de l’Ouest, d’Inde et d’Amerique latine. Les musiques non-occidentales sont plus centrées autour du groove et du rythme.  ». Sans cette batterie au carré, que Martin Brugger définit comme « un batteur à huit bras » pour en souligner l’unité, et qu’il signale comme une originalité pour un groupe de jazz, Fazer n’aurait pas le même attrait. « Elephant Rave », dont les 3 minutes sont un dialogue de percussions, rend hommage à leur ubiquité.

Formé en fin de cycle à la Music Academy de Munich, le quintet veille à ce que sa musique soit diffusée dans les lieux des nouvelles gardes. Cette volonté se traduit par des concerts hors des sentiers battus du jazz et une certaine ingéniosité dans la diffusion de leur musique : « Il y a ce club techno qui s’appelle Blitz. L’année dernière, à la sortie de l’album, nous l’avons diffusé sur leur énorme système son avant qu’une soirée ne commence. C’était une façon de se connecter à la scène électronique ». Pour que cette expérience en appelle d’autres, le quintet a fait remixer « White Sedan », son titre le plus plébiscité, par deux djs : « aujourd’hui, on peut à nouveau entendre des morceaux de jazz en club, joués par des djs qui passent normalement de la house  ».

 

 

A Munich, d’où rayonnent les labels historiques ECM, Act et Enja records, « il manque un lieu du jazz pour la jeunesse, raconte Martin Brugger. C’est dur de former un nouveau public pour le jazz, ici. Mais nous avons sans aucun doute un très bonne scène musicale. L’un de ses importants centre névralgique est une web radio à laquelle je participe. Elle s’appelle Radio 80 000 », précise l’animateur d’une matinale et membre actif, ajoutant que le projet est devenu « un point de ralliement et de réseau à Munich. C’est un melting pot pour différents genres, de l’électronique au jazz en passant par le dub ou autres. C’est là-bas, je crois, que les choses se passent !  »  Annoncé pour le mois d’avril, le deuxième album de Fazer devrait résonner en d’autres lieux qui comptent.


Fazer, Mara

Concerts :

02/02/19 – Fazer – La Petite Halle (Paris)

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