A l'occasion de la sortie de Pieces of A Man, son nouvel album, Mick Jenkins nous a raconté l'influence de Gil Scott-Heron sur sa musique, sa collaboration avec Ghostface et sa façon de gérer l'équilibre entre sa vie privée et les exigences de l'industrie musicale.

Pieces Of A Man de Mick Jenkins est l’un des albums de hip-hop les mieux composés de l’année. Alors qu’il écrivait pour l’album, Jenkins est tombé sur « The Ghetto Code » de Gil Scott-Heron – et le morceau a amené le MC à penser à une manière de transmettre ses émotions intérieures ainsi que ses vues sur l’état du monde sans être trop donneur de leçon. Le natif de Chicago recherche cet équilibre avec confiance tout au long des 17 titres de l’album qui s’appuie sur le succès de sa mixtape révolutionnaire de 2014, The Water [s].

Pieces Of A Man a été intitulé d’après un album de Gil Scott-Heron, non ?

Oui ! Pendant la création de l’album, j’écoutais beaucoup de choses différentes pour m’inspirer et Gil Scott Heron est sorti du lot. J’écoutais plus ses discours que l’album Pieces of a Man directement, comme « The Ghetto Code », qui est vraiment de la bonne came ! Tomber sur l’album Pieces of A Man m’a ensuite fait réfléchir à ce que cela signifiait pour moi ; je l’ai utilisé pour inspirer et orienter ce que j’essayais de souligner de moi-même.

Qu’en était-il de la voix de Gil Scott-Heron et des discours qui ont résonné en vous ?

Il réussissait à toucher beaucoup de gens différents en même temps. Je n’arrêtais pas de revenir à « The Ghetto Code » – c’est drôle, c’est grave, c’est bouleversant, et j’ai l’impression qu’il nous parle systématiquement, allant du rap aux rimes en passant par la poésie. Il arrive à toucher la curiosité intellectuelle de certains tout en atteignant d’autres qui ne pensent pas forcément aussi loin et avec la même efficacité. Il arrive également à être divertissant et à ne pas nous ennuyer – c’est une masterclass du MC.

Quel a été le premier morceau que tu as fini pour l’album ? A-t-il défini un modèle pour le reste ?

« Plain Clothes », c’est un vieux titre ! Il a été produit par High Klassified en 2014, ou peut-être en 2015, à Montréal. J’ai eu l’occasion de créer des beats à partir de rien avec lui ; mais celui-ci faisait parti de ceux qui ne collaient pas à mon travail de l’époque. L’année dernière, quand j’ai enfin voulu m’en servir, et que je lui demandais la souche, il avait tout perdu et a dû refaire le son ! Nous avons donc la meilleure version qui soit !

 

Vous avez également quelques productions Black Milk sur l’album.

Ouais, Black Milk est un super producteur et rappeur. Il est venu à Chicago pour bosser avec moi ! J’ai mon propre studio ici et c’est un lien vraiment organique. Je le vois comme un mec du Midwest, comme moi, ça a créé une bonne synergie sur ces enregistrements.

Comment avez-vous collaboré avec Ghostface pour « Padded Locks » ?

Ghostface était une autre personne que j’écoutais pendant toute la création de l’album. Mon DJ est un grand fan du Wu-Tang Clan. Lors de l’enregistrement, nous étions avant tout en recherche d’inspirations musicales et écoutions ainsi d’autres rappeurs, regardions des vidéos et des documentaires. Gil Scott-Heron et Ghostface en furent. Ghostface est finalement venu à bout de son passage environ un mois avant que l’album ne soit prêt à partir à la fabrication.

Sur « Ghost », vous parlez du fait d’être un artiste sans toujours vouloir être sous le feu des projecteurs.

Cela raconte tout ce qu’implique le statut d’artiste : être dans la lumière, être tout le temps entouré de gens quand on est en tournée, ne pas avoir de temps pour soi, être constamment attendu à des évènements ou sur scène.  Cette chanson est un peu mon ras-le-bol. Vous ne me voyez jamais dehors : je suis sur la route, chez moi ou je travaille mon écriture et entretiens mon couple. Ce morceau évoque ce qui est important pour moi, comme la nécessité d’avoir mon espace personnel et d’être avec ma femme.

J’ai vu des gens de cette industrie se faire souffrir parce qu’ils sacrifient tout pour y arriver – alors ton travail est un succès mais tu souffres en même temps. Je ne peux pas faire ça, je ne peux pas vivre comme ça, je ne me permettrai pas de faire ça. Il est bien plus précieux pour moi d’être attentif à ma relation, à mon art et à ma famille, et de prendre du temps pour ces choses-là. Si ce qui m’en tient éloigné est superficiel, alors non, vous ne me verrez jamais dehors pour cela.

Vous avez également collaboré avec le groupe de jazz BadBadNotGood sur l’album. Comment était-ce ?

Toujours incroyable. Ils enregistrent de manière analogique, alors chaque fois que nous faisons une chanson, c’est comme si nous étions en live. Je pense que nous avons bouclé la chanson en quatre prises. Leur studio est l’environnement le plus cool possible pour un artiste : être entouré de musiciens qui s’écoutent et se font des retours pour changer ce qu’il faut.

Quel genre de message essayiez-vous de transmettre avec « Consensual Seduction » ?

Seulement cela, qu’il y a beaucoup d’incertitude dans le consentement. Personnellement, je crois qu’il n’est pas raisonnable que les hommes soient désorientés par ce sujet. Mais quand j’écoute certaines histoires qui montrent à quel point cela peut être déroutant pour certains de mes amis, je commence à comprendre un peu plus d’où ça peut venir. [Pause] Même si j’ai l’impression que c’est en grande partie évident ! J’ai donc décidé de faire une chanson à ce sujet. Il y a certaines choses qui, même si elles sont déroutantes, dépendent simplement de l’intégrité de la personne.

Avez-vous donné beaucoup d’indications à la chanteuse Corinne Bailey Rae sur ce que vous vouliez qu’elle apporte au concept de la chanson ?

Même pas. Je voulais vraiment que ce soit juste une réponse de femme, que ce soit pour incarner ou non mon comportement. J’aime la façon dont elle a pris le projet. Je pense que lorsque je demande conceptuellement une réponse à une femme, il est préférable de la laisser faire ce qu’elle veut !

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