Les archives du Montreux Jazz Festival ont été officiellement déclarées partie intégrante de la collection Mémoire du monde de l'UNESCO en 2013 – en témoigne l’apport culturelle qu’elles offrent. Depuis 1967, s’enchaînent de grands moments musicaux de qualité, tous plus intemporels mais tout même attachés à leur époque. S'il est parfois difficile de repérer et d'identifier ces moments pendant qu'ils se déroulent, la vaste histoire en image proposée – à travers des concerts filmés – nous permet de revisiter et de rafraîchir ce qui s'est passé depuis lors dans la mémoire collective. Des années 70 avec Nina Simone et Richie Havens à Quincy Jones en 2018, voici la sélection des moments forts de Montreux avec Qwest TV.

Où se trouve le Montreux Jazz Festival ?

Situé sur les rives du magnifique lac Léman, le festival de Montreux peut offrir des vues tout aussi spectaculaires que son histoire. Peu de festivals peuvent se vanter d’un tel lieu, qui offre une toile de fond éblouissante et paisible au bourdonnement qui se déroule sous les projecteurs. Pourtant, pour bien apprécier la vitalité d’un tel événement, nous nous devons de faire un retour en arrière sur l’histoire qui l’a façonné au cours des cinquante dernières années. Grâce à l’incroyable palmarès cinématographique qui sera bientôt entièrement disponible sur Qwest TV, cette histoire peut être racontée visuellement, par des performances exceptionnelles et des moments particuliers.

Dans la culture populaire, le jazz a parfois été considéré comme un accompagnement à des activités louches, quelque chose que l’on peut voir ou entendre jouer dans le coin d’un bar enfumé, pendant que l’on boit et que toutes sortes d’offres se négocient. Fidèle à cette regrettable iconographie, Montreux a vu le jour dans un casino – le Casino de Montreux, au bord de l’eau. Loin d’être un lieu de rendez-vous pour les chancers et les downbeats, l’événement s’est d’emblée positionné comme un tremplin pour le grand art – le Charles Lloyd Quintet s’y étant produit pendant le premier weekend.

Le succès initial signifiait que le feu avait démarré, un feu qui continuait à se propager jusqu’à l’année suivante, ayant attiré suffisamment l’attention pour amener la seule et unique Nina Simone de New York à Genève. Au début des années 70, l’événement attirait des noms tels que Miles Davis, Keith Jarrett, Bill Evans, Ella Fitzgerald et Richie Havens, qui a également eu l’honneur de faire la première partie de Woodstock en 1969. Le festival débute sur les chapeaux de roues, et c’est en grande partie grâce à son fondateur visionnaire, Claude Nobs. Montreux devient rapidement un haut lieu de la culture.


Claude Nobs et le Montreux Jazz Festival

Seul directeur de l’office de tourisme de Montreux, Claude Nobs utilisa les contacts américains qu’il avait noués avec des gens comme Nesuhi Ertegun (Atlantic Records) pour créer le tout premier festival musique et jazz à Montreux, en 1967. Ce fut un succès qu’il consolida rapidement, transformant le festival en un lieu de renommée mondiale en l’espace de quelques années seulement. Mais la légende de Claude Nobs s’étend bien au-delà des spectacles qu’il a organisés. Digne d’un visionnaire, il fut le premier à ouvrir la voie dans plusieurs épisodes qui méritent d’être mentionnés.

Lors d’un entretien avec Wim Wenders en 2004, Nobs estimait que le festival de Montreux avait accueilli environ 30 000 musiciens. Pour Nobs, cela signifiait aussi « 30 000 problèmes, 30 000 moments de folies et de bonheur ». En 1971, le groupe britannique Deep Purple était à la veille d’une séance d’enregistrement au Casino de Montreux. Frank Zappa et The Mothers of Invention jouaient dans la salle ce soir-là quand l’immeuble a pris feu après qu’un spectateur eût tiré une fusée éclairante au plafond. Résultat : panique, évacuation, et plus grand incendie que Roger Glover ait été amené à voir – de son balcon, dans l’hôtel d’à côté.

A partir de ce moment, une légende naquit, ainsi que probablement le riff de guitare le plus joué de ces derniers temps. « Smoke on the Water » raconte ce chapitre de l’histoire du festival, tout en disculpant l’héroïsme de son fondateur : « Funky Claude entrait et sortait en courant / Sortait les enfants du sol ». L’album qui en résulte, Machine Head, est dédié à Nobs et constitue un document clé dans l’histoire de la musique et dans la vie de ce grand homme lui-même.

 

Quincy Jones et le Montreux Jazz Festival dans les années 90

L’avènement du début des années 1990 a été marqué par l’union de Claude Nobs et de son « frère » Quincy Jones. De fait, Q décrit son séjour à Montreux à l’époque où il se tenait au casino (avant de s’installer au Montreux Convention Centre). « Claude m’a toujours fait se sentir comme chez moi », dit-il en repensant à sa relation avec le festival, en 2008. Quincy révèle à plusieurs reprises qu’une des choses qui a attiré son attention est la façon dont il fait converger la culture, brisant les barrières. Ayant été témoin de l’évolution de Montreux depuis ses débuts, il y voit un lieu où les gens aiment « se réunir, se mêler, se fondre, se diversifier ».

De 1991 à 1993, Quincy a accepté le poste de codirecteur aux côtés de Nobs. Ensemble, ils présideront des soirées très diversifiées avec des artistes aussi variés que Sting, Toto, BB King, Gilberto Gill, Ray Charles et New Order. En plus de contribuer à la riche histoire du festival, ils ont également organisé l’une des toutes dernières représentations de Miles Davis. Selon les propres mots de Quincy, ce concert avait mis quinze ans à voir le jour : « il s’est pointé, c’est le plus important… il l’a finalement fait… et nous l’avons perdu trois mois plus tard. »

C’est ce sentiment qui explique le rayonnement international et historique du festival de Montreux. Quincy lui-même en profite souvent pour y marquer des étapes importantes de sa vie, avec ses 75e et 85e anniversaires, organisés par Qwest TV en 2018, avec des invités comme Richard Bona, Mos Def, Robert Glasper et Nate Smith parmi tant d’autres.


Montreux Jazz Festival, next year …

La question de l’année prochaine, et de l’héritage de Montreux, est une question qui ne manquera pas de se poser, en se basant sur ce qui s’est passé. En fait, il semble que le mot « jazz » ne soit pas le meilleur indicateur de la musique proposée chaque année au lac Léman. Au lieu de cela, l’événement est une véritable plateforme pour toutes sortes de sons, avec cette année des concerts allant de Sean Kuti & Egypt 80 à Elton John, Thom Yorke ou encore Mme Lauryn Hill. La bonne musique y demeure sans frontières, à vivre dans toute sa richesse et sa multiplicité.

Avec des légendes vivantes côtoyant les artistes de demain, Montreux met en avant chaque été la musique d’aujourd’hui. Un bon exemple pour 2019 est celui de l’arrivée du Montreux Jazz Lab le dimanche 7 juillet : Tom Misch, Loyle Carner & FJK – trois grands noms qui sont largement vantés comme de jeunes porteurs de flambeau de la musique populaire.

Jacob Collier, le protégé de Quincy Jones, est un autre jeune artiste devenu un habitué du festival. Il a réussi à déconcerter le monde du jazz en le plongeant dans un univers où son oreille, son harmonie et la complexité des compositions se mêlent à sa sensibilité. Ce n’est pas un hasard si Quincy a choisi Montreux pour dévoiler Collier au grand public en 2015, en première partie de Herbie Hancock dans l’une de ses premières représentations publiques. Quincy y présenta « le jeune homme le plus talentueux que je connaisse, un jeune homme de dix-huit ans, originaire de Londres. »


Pour visionner d’autres images de l’histoire de Montreux, suivez l’actualité de Qwest TV. D’autres performances incroyables sont à venir sur notre catalogue ! Partageons cette histoire culturelle fantastique et inégalée, unique à Montreux, et à la musique qu’elle nous apporte.


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