Tout le monde aime Milton Nascimento. De Björk à Tortoise en passant par ses compatriotes Marco Valle, Chico Buarque, Airto Moreira et beaucoup d'autres. Sa musique est fréquemment reprise par de grands musiciens.

Le Brésil est un terreau sur lequel ont poussé d’immenses compositeurs, souvent de merveilleux mélodistes appuyés sur le patrimoine des rythmes traditionnels. Milton Nascimento est l’un d’eux. Son répertoire de chansons magistrales, notamment articulées autour des paroles de Fernando Brant, a séduit de nombreux autres interprètes, sur les deux faces du continent américain et jusqu’au Japon, dans le jazz mais pas seulement, aujourd’hui encore.

Son retentissement n’a pas tardé : premier titre du premier album de Milton Nascimento (Travessia, 1967), « Travessia » a séduit de nombreux interprètes. A commencer par sa muse, Elis Regina au sujet de laquelle il disait : « A partir du moment où je l’ai connue, toutes mes musiques ont été composées pour elle. » Mais c’est la version anglaise de la même chanson, « Bridges » (Gene Lees ayant adapté les paroles de Fernando Brant), sur l’album Courage (1969), qui a fait l’objet du plus grand nombre de reprises. Celle de Sarah Vaughan est un must, en compagnie de Milton lui-même, sur l’album I Love Brazil ! (1977) auquel participèrent notamment Antônio Carlos Jobim et Dorival Caymmi.

 

 

Avec plus ou moins de bonheur, les versions de Tony Bennett (Life is Beautiful, 1975), Flora Purim (Nothing Will Be As It Was… Tomorrow, 1977), Sergio Mendes (Brasil ’88, 1978), Mark Murphy (Brazil Songs, 1984) et Dianne Reeves (Bridges, 1999) ont, elles aussi, contribué à faire de cette chanson un standard entre jazz et pop. Citons également deux curiosités japonaises : une reprise acidulée par Maki Nomiya, chanteuse de Pizzicato Five (Dress Code, 2004), et même un reggae par le groupe Reggae Disco Rockers (Melodies, 2007).

Milton Nascimento a beaucoup été chanté par ses compatriotes : citons « Aqui é o país do futebol » (Wilson Simonal, Marcos Valle), « Circo Marimbondo » (Airto Moreira, Chico Buarque), « Tudo que você podia ser » (Azimuth, Quarteto Em Cy), etc. Il fut aussi souvent interprété en Amérique du Sud, à une époque où les artistes du continent avaient en commun la résistance aux dictatures (la pasionaria argentine Mercedes Sosa opta pour « San Vicente » et « O cio da terra », deux chansons très engagées).

 

 

Mais on lui trouve surtout de grands fans aux Etats-Unis, à commencer bien sûr par Wayne Shorter, avec lequel il collabora sur l’album Native Dancer (1974). Le saxophoniste, dont on connait l’exigence, y interprète plusieurs de ses compositions : « Tarde », « Miracle of the Fishes », « From the Lonely Afternoons », « Lilia » et « Ponta de Areia ». Plus tard, il reprendra aussi « Vera Cruz » sur l’album Moto grosso feio (1993). Ce n’est pas un hasard si la contrebassiste et chanteuse Esperanza Spalding, proche de Shorter qui l’a adoubée à ses débuts, donnera sa propre version de « Ponta de Areia » (Esperanza, 2008), également repris par Earth, Wind & Fire sous la forme d’un sublime interlude instrumental où s’entrelace une armada de cordes et de flûtes (All ‘n All, 1977).

 

 

Plus près de nous, Mia Doi Todd et José González ont présenté une jolie version de « Um girassol da cor do seu cabelo » sur la compilation Red Hot + Rio 2 (2011), tandis que la reprise la plus inattendue est sans doute celle de « Cravo e canela » par Tortoise et Bonnie “Prince” Billy sur leur album commun, The Brave and the Bold (2006). Preuve que l’influence de Milton Nascimento ne faiblit pas, c’est encore l’une de ses chansons, « Francisco », que la jeune Californienne Kadhja Bonet chante sur son album The Visitor (2006), exactement quarante ans après sa version originale pour laquelle Herbie Hancock était venu prêter main forte au piano. « L’idée que la vérité puisse résider dans la beauté est en train de se perdre dans le jazz et le rock’n roll modernes, mais les Brésiliens ont conservé cela, et Milton en est le meilleur exemple  », observa Sting, en 1991.

Mais sa plus grande admiratrice est peut-être bien Björk, qui a toujours présenté « Travessia » comme l’une de ses chansons préférées. Au point qu’elle recruta l’arrangeur du standard, Eumir Deodato, pour l’épauler sur plusieurs titres de Post (1995) et Homogenic (1997). En 1996, sollicitée pour participer au premier Red Hot + Rio, elle choisit évidemment d’interpréter « Travessia », en portugais. La chanson était déjà enregistrée, et Deodato en était l’arrangeur, mais Björk décida finalement de se retirer du projet. Evidemment, la version a fuité. Elle s’écoute aujourd’hui sur YouTube, et ajoute le nom de l’Islandaise à la liste des artistes ayant bénéficié des compositions de Milton Nascimento.

 

 

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