Deux propositions très différentes de la part de Birchall, ce saxophoniste ténor basé à Manchester qui a cherché à renforcer sa discographie depuis environ deux décennies maintenant, au sein de l’univers des Coltrane (Alice and John) et Pharoah autour de la fin des années 1960.

Le premier disque se situe tout à fait dans la veine des albums récents dans la mesure où le modèle profondément méditatif, aux influences orientales des maîtres mentionnés précédemment est méticuleusement appliqué, et le résultat satisfaisant. Les improvisations de Birchall possèdent la profondeur requise pour tenir l’attention pendant de longs ostinatos tandis que les liaisons soutenues et fulgurantes de l’harmonium de Adam Fairhall démontrent une richesse de timbre qui est une alternative rusée au piano à la McCoy.

Sounds Almighty voit Birchall tourner sa boussole vers la Jamaïque de la fin des années 1970, lorsque le dub régnait en roi, en compagnie du producteur « Al Breadwinner » [« Gagnepain »] Redfern. Une fois de plus, la décision était de composer à partir d’un vocabulaire classique, et l’attention accordée aux détails, de la lourdeur de la contrebasse aux sons très nets des percussions, sans compter les vibrations en contretemps de la guitare, est parfaite. Ainsi que l’on peut s’y attendre pour un adepte de Trane tel que Birchall, on retrouve pour certaines pistes un sentiment d’élégance, si ce n’est de majesté, qui parfois rappelle les chefs-d’œuvre de Cedric « Im » Brooks et Tommy McCook, les cuivres héroïques de JA.

Le mixage de Breadwinner tombe en plein dans le mille : il crée le jeu d’ombre et de lumière essentiel autours des instruments, recourant à la chambre d’écho lorsque le moment s’y prête. Pour tout dire, il n’y a rien à redire de la précision avec laquelle les musiciens et les producteurs ont réussi à convoquer de manière convaincante les sons d’une époque révolue.

Et pourtant, malgré l’indéniable beauté musicale que leur union a engendrée, il persiste un doute quant à la valeur artistique du résultat, surtout parce que l’arrangement est presque trop authentique pour être concluant, de telle sorte qu’il est possible de deviner où certains morceaux vont aboutir dès qu’ils commencent. Même si la maestria et la production sont essentielles, l’originalité des idées est indispensable, et l’on regrette que des artistes de ce calibre n’aient pas réussi à imprimer de leur personnalité sur la session, à laquelle manque la force de caractère brute de Cosmic Language. Birchall est un excellent joueur dont la versatilité peut être appréciée par tous. Mais la question est celle de l’originalité.


Nat Birchall, Cosmic Language (Jazzman)
Nat Birchall, Sounds Almighty (Tradition Disc)

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