Si Both Directions At Once de John Coltrane était l’un des événements jazz majeurs de 2018, voici sans doute l’autre. Alors que le susmentionné était perdu celui-ci n’avait pas besoin d’être trouvé. Il s’agit là de la nouvelle œuvre d’un maître qui montre peu de signes de vieillissement malgré 84 étés.

Wayne Shorter est l’une des figures majeures de la musique noire de l’après-guerre, dans la mesure où il a été associé à toutes les écoles de pensée, du swing au bop, en passant par l’avant-garde et la fusion, tout en gardant néanmoins son esprit. Son amour pour la musique classique européenne est un sujet de conversation dont Sibelius est une source d’inspiration. Cette collaboration entre son quatuor, sans doute l’un des meilleurs petits groupes qu’il ait dirigés (Danilo Perez (piano), John Patitucci (contrebasse), Brian Blade (batterie) et l’orchestre de chambre Orpheus, composé de 34 musiciens, sont le fruit d’une ambition de longue date plutôt que d’un changement stylistique radical. Toute la finesse harmonique habituelle  – dans les accords cristallins, exprimés avec une précision telle qu’elle constitue un flux d’air pour le saxophone de Shorter ainsi qu’une trajectoire tonale pour le thème et l’improvisation – est toujours entendue, mais les cordes, parfois utilisées pour produire des crescendos tonitruants, donnent un relief plus net.

En tant que soliste, Shorter est encore plus que capable de couper à travers le maelstrom et sa soprano a le même caractère fondu, allant du liquide au solide, qui a défini ses nombreuses performances classiques, notamment avec Weather Report. En fait, il y a des moments où la poussée rythmique et les tours empilées de sons, penchées et tentantes, sont une itération acoustique de cet ensemble légendaire. Sur le plan négatif, Shorter est parfois englouti dans les gigantesques replis orchestraux. Sur le plan positif, l’ensemble des arrangements est grandiose et convient à cet opus sur trois disques, dont les deux derniers sont des sets enregistrés en live à Lisbonne et Londres. En prime pour tous les amateurs d’art, il y a un roman graphique co-conçu par Shorter lui-même. Fidèle à M.Gone, il n’y a pas de demi-mesure.


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Wayne Shorter, Emanon (Blue Note)

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